UN PEU D'HISTOIRE
C'est en 1910 que Gustave
Moussion achète la métairie du Dourdy
et les terres voisines. Fin 1913, la
première pierre d'un château
destiné à accueillir une
école-orphelinat est posée. Deux
événements ont pourtant failli
empêcher cette réalisation :
- en 1913, l'âme
du projet, la compagne de Gustave Moussion ,
décède ;
- en août 1914 la
guerre éclate alors que le gros oeuvre
est à peine achevé ; l'ouverture
de l'orphelinat "Le Dourdy" est
reportée.
Début 1918,
l'établissement, devient hôpital
militaire et accueille des soldats en
convalescence. L'armistice signé, "Le
Dourdy" se vide, Gustave Moussion procède
alors à l'achèvement des travaux.
Durant tout l'entre-deux guerres, le château
reste désespérément vide et
inutilisé. En 1939, il est occupé par
des réfugiés espagnols.
Avril 1945, la marine française
s'intéresse au Dourdy et loue le domaine
à Jacqueline Moussion (petite fille de feu
Gustave Moussion), en vue d'y installer ses
écoles des apprentis marins et des
sous-officiers du pont : les maistranciers.
AVANT
LE DOURDY
Rappelons nous :
(voir la page Les
pupilles de la Marine)
- de 1910 à 1940,
l'école des apprentis marins est
installée à Brest sur
bâtiment, transformé en ponton :
"le Bretagne", qui devient "l'Armorique"
dès 1912 (le navire est bombardé
en 1944 au mouillage de
Landévennec).
- De 1925 à 1940,
deux annexes doublent l'Armorique : "le
Tremintin", croiseur-cuirassé et "le
Gueydon".
- En juin 1940,
l'école est dissoute et
reconstituée cinq mois plus tard à
Toulon sur le cuirassé "l'Océan",
sa dernière demeure sur l'eau.
- Le 1er novembre 1943
une annexe de l'école ouvre à
Cahors, mais en septembre 1944, elle est
transférée à Bordeaux et
dissoute le mois suivant. Les
élèves sont alors répartis
dans les diverses écoles de
spécialités qui ont
été ouvertes en Afrique du
nord.
LES
CONDITIONS D'ENTRÉE
Les école du Dourdy
ont pour mission de préparer leurs
élèves à faire carrière
dans les différentes
spécialités du "pont" des
équipages de la flotte et de permettre aux
plus motivés l'accès au grade de
sous-officier du pont. Le Dourdy ouvre avec un
premier contingent de 100 pupilles, venus de
l'école des pupilles, installée
depuis le 1er novembre 1944 dans les baraques
à Bertheaume
en Plougonvelin, près du Conquet.
L'école des pupilles sera finalement
transférée au Dourdy fin 1950 (Photos), puis
fermée le 1er octobre 1959.
A partir de 1952, à leur admission, les
pupilles doivent être titulaires du
certificat d'étude primaire et être
âgés entre 14 ans et 15 ans1/2.
Les mousses et les maistranciers s'y installent en
octobre 1945. Les mousses doivent eux aussi
posséder le certificat d'étude
primaire et avoir entre 15 et 17 ans. Les
maistranciers, admis par concours, doivent
être âgés de16 à 19 ans.
La scolarité des uns et des autres est de
douze mois. A la sortie de l'école, les
mousses sont envoyés dans des écoles
de spécialités, ainsi que les
maistranciers ayant satisfait à l'examen de
sortie.
DESCRIPTION
DU SITE
En novembre 1946, une
année après l'ouverture de
l'école, le bâtiment principal du
Dourdy le "château", (64 m sur 35 m) est
doté du chauffage central. Il abrite plus
des deux tiers des élèves (450 sur
les 650) ainsi que les bureaux et les principaux
services. Dans les dortoirs - les chambrées
- les allées, portent le nom de glorieux
marins.
Un stade est utilisé pour l'instruction
militaire et l'éducation sportive. Construit
quelques années plus tard derrière le
château, le hangar gymnase (35 m x 24 m) sert
notamment pour le basket, la lutte, la boxe et les
poids et haltères. Avant la
réalisation de ce gymnase, un ring de boxe a
été aménagé dans la
salle des fêtes !
Une vingtaine de baraques en bois, montées
sur des soubassements en dur, accueillent des
logements pour les plus anciens de l'école
et le personnel du cadre permanent, ainsi que le
carré des officiers (en attendant qu'il
déménage dans le moulin), celui des
maîtres, le foyer, la bibliothèque,
une salle de lecture et de correspondance. A
l'écart l'infirmerie, dont les salles
peuvent recevoir trente malades, est placée
sous la responsabilité du médecin
major de première classe
Guérin.
LES
COMMANDANTS
Après le capitaine
de frégate Le Coz, l'école a
successivement pour commandant le C.F
Quérandal des Essarts en 1947, le C.F Begue
en 1951, le C.F Danguy des Déserts en 1953,
le C.F Maget en 1956, le C.F Bordeaux en
1959.
NOUVELLE
CHAPELLE
Le 5 novembre 1959 est
à marquer d'une pierre blanche dans la vie
de l'établissement. En effet, ce jour
là, accompagné du
révérend père Louis de
Penfentenyo, jésuite et frère du
général-maire de Loctudy, de M.
Louarn chanoine titulaire et de l'abbé
Sévellec, directeur des œuvres
maritimes, Monseigneur Fauvel, évêque
de Quimper, procède à la
bénédiction de la nouvelle chapelle.
Il pleut des cordes ! Pourtant l'oratoire, ainsi
que l'aumônier, M. l'abbé Deniel,
n'ont qu'à se féliciter de la
journée, d'autant que monseigneur a
accepté de déjeuner au "carré"
!
LA
MUSIQUE A L'ÉCOLE
La musique du Dourdy
remporte un franc succès et contribue au
renom et à la bonne image de
l'établissement. Il n'est guère de
fête, patriotique, folklorique ou populaire,
sans la participation des marins : guêtres
blanches, ceinturons blancs, bâchis et
pompons rouges. Le journal "Le
Télégramme" souligne que "la valeur
de la clique de l'école des mousses" est
indiscutable ; la preuve est qu'elle monte de temps
en temps à Paris pour les grands
défilés.
Tous les ans, un dimanche de printemps, la
fête des pompons rouges est organisée
dans la capitale du pays bigouden par l'amicale des
anciens marins de Pont-l'Abbé
présidée dans les années 1950
par Yves Le Borgne. A dix heures la musique de
l'école parcourt les principales
artères de la ville ; une demi-heure plus
tard, un hommage aux marins morts pour la France
est rendu devant le patronage laïque en
présence des enfants de l'école.
L'apéritif concert qui se déroule
ensuite à l'intérieur du "Patro" est
animé par la chorale des écoles de
maistrance et des mousses. Placé sous la
direction de Jean Suscinio, la centaine
d'exécutants interprète chansons
à virer et à hisser.
En mai 1957, un récital est donné
dans le hall du château, la chorale a
travaillé sous la direction d'un professeur
de l'établissement, M. Ollivier. Au jour J,
cependant, elle répond à la baguette
de Jean Suscinio, le maître de chant
itinérant, qui, en douze ans, a
créé plus de cent chorales dans les
écoles de la marine nationale.
REMISE
DES PRIX
Au début du mois
d'août, moment particulièrement
solennel, la cérémonie de
distribution des prix rassemble toute
l'école, les parents et les amis des
élèves, ainsi que les
personnalités de la région. La
manifestation débute à 10 heures par
la traditionnelle transmission du drapeau. Elle est
parfois rehaussée par une remise de
décoration, comme en ce 10 août 1959,
où Joseph Coat, professeur de
mathématiques pendant vingt et un ans dans
l'établissement, a été fait
chevalier de la légion d'honneur par le C.F.
Maget.
Pour la dernière année scolaire, en
1959-1960, l'école a pour patron le CF
Bordeaux, précédemment commandant du
Bison et de l'école des pilotes de la flotte
de Saint-Servan. Elle comprend deux compagnies de
mousses de 150 et 180 élèves et une
compagnie de 135 maistranciers. La promotion
1959-1960 sera la dernière du Dourby.
L'ultime distribution des prix au Dourby, qui se
déroule, le mardi 9 août 1960, dans la
grande salle du gymnase, revêt une
solennité particulière. la
cérémonie est présidée
par le contre-amiral Sourisseau, major
général du port de Brest,
préfet maritime par intérim de la
deuxième région, en présence
de l'amiral des Essarts ancien commandant, des
maires des localités avoisinantes et de
nombreuses amicales d'anciens combattants. Une
revue et un défilé clôturent la
première partie de la manifestation,
marquée, on s'en doute, par une grande
émotion. Il y a fort à parier que les
participants se remémorèrent les
grandes dates de la vie de l'école
:
- le 26 octobre 1951,
elle est citée à l'ordre de
l'armée de mer ;
- un décret du 16
juillet 1954 lui attribue la légion
d'honneur que lui remet, en grande pompe, le 7
août suivant, André Monteil,
secrétaire d'état de la marine,
maire de Quimper de 1954-1959 ;
- le 27 décembre
1955, elle se voit décerner la croix de
guerre des T.O.E. (théâtre
d'opérations extérieures), qui lui
est remise le 9 mars 1956 par l'amiral
Mariani.
LA
MARINE DÉMÉNAGE DU
DOURDY
Impitoyablement, le
marteau du commissaire priseur frappa les trois
coups de la fin de l'aventure. Le 16 septembre
1960, le mobilier scolaire et le matériel du
pensionnat de l'école sont vendus aux
enchères.
Après les soldats français en
convalescence, les réfugiés
espagnols, les troupes allemandes, les pupilles,
mousses et maistranciers (huit mille au total),
après une occupation tour à tour
pénible, dramatique ou martiale, les
vacanciers apportaient au Dourdy le tourisme social
en Bretagne.
A la fin de l'été 1960, les
élèves s'installent à Brest,
dans un site superbe dominant la rade, à la
caserne Saint-Pierre dans les bâtiments de
l'ancienne école navale. La
cérémonie d'installation est
présidée, le 14 octobre, par le
vice-amiral Deroo, directeur du personnel militaire
de la marine. En septembre 1961, l'école
prendra le nom de Groupe-Armorique
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