LES PUPILLES DE LA MARINE


Par décret impérial du 15 novembre 1862, le ministre de la marine Chasseloup-Laubat, décide l'ouverture d'une école à l'intention des orphelins des gens de la mer âgés de 7 ans s'ils avaient perdu père et mère. Pour les autres, l'admission était fixé à 9 ans. Le séjour à l'école s'étale jusqu'à la 13ème année. La formation se poursuit alors à l'Ecole des Mousses, ou l'enfant était remis à sa famille.

Merci à André KERGOAT pour les photos

AVEC DES DONS PARTICULIERS

L'initiative est accueillie avec enthousiasme. Les premières mises de fond sont fournies par des dons particuliers et par la caisse des Invalides.
Parmi les généreux donateurs, Jacquat d'Anthonay (Thomas Eugène), ancien fourrier des équipages de la flotte décide de vendre la totalité de ses biens pour être convertis en une rente de 3%. Deux jours après l'annonce de l'ouverture de la souscription, la ville de Brest réunit 3000 francs imitées par des envois de différentes régions de France.
A partir de 1868, la Marine juge nécessaire d'attribuer à cet établissement des moyens d'existence et de porter les dépenses au budget.

DE LA CASERNE GUEPIN
A LA VILLEUNEUVE

En 1865, l'école compte 250 jeunes garçons placés sous la direction des frères des écoles chrétiennes. Ces enseignants sont remplacés par des officiers-mariniers et des instituteurs de la flotte retraités.
Les premiers locaux mis à la disposition des pupilles se situent dans le corp principal et dans l'aile Nord de l'ancien séminaire des jésuites qui par la suite portera le nom de caserne Guépin.
En 1882, l'établissement s'implante à la Villeneuve à 4 kilomètres de Brest, dans les locaux d'une ancienne usine de fonderie disposant d'un étang artificiel. Un premier dortoir est mis à la disposition des élèves, tandis que dans la cour, une maquette de navire grandeur nature permet d'enseigner aux Pupilles les rudiments de la vie maritime.

Les métiers du bois et du fer sont inculqués par des instructeurs techniques retraités de la marine et des arsenaux.
Le décret de 1904 porte la limite d'âge supérieur à 13 ans. A l'issue de leur séjour à La villeneuve, un grand nombre d'enfants reviennent dans leur famille où ils risquent de vivre dans la misère. Pour tenter d'éviter ce danger, on recule à 15 ans 1/2 la sortie de la scolarité.
A partir de 1909, le personnel enseignant est fourni par des instituteurs de l'éducation nationale.

UNE ECOLE MILITAIRE

Peu à peu, le rôle humanitaire s'estompe et en 1923, l'école devient militaire au sens total du terme. Neuf ans plus tard, l'action s'élargit à toutes les écoles préparatoires de la marine.
On institue une admission provisoire pour les candidats dépourvus du certificat d'étude. Après trois mois, ils peuvent poursuivre l'enseignement à lissue d'un examen.
Les cours de préparation à l'école de Maistrance sont supprimés en 1934 et la mission de l'établissement de la Villeneuve consiste à entraîner les garçons sortant de l'école primaire.

LA DERNIERE PERIODE

En 1940, l'école quitte La villeneuve pour être tranférée à Saint-Mandrier. L'école fonctionne dans des conditions acceptables à bord du cuirassé l'Océan avec la reprise des cours à l'école de Maistrance.
Au sabordage de la flotte en novembre 1942, les jeunes marins sont transférés à Cahors, où ils s'installent à la caserne Bessière.
Le 21 octobre 1944, Marine-Paris décide le retour à Brest, où plus exactement à Bertheaume, où des baraques datant de la guerre 1914-18 sont mises à leur disposition.
La dernière étape conduit, en 1950, cette institution de XXème siècle au Dourdy où se trouve déjà l'Ecole des Mousses. Mais le sort de l'école des Pupilles est mis en questions. La circulaire minnistérielle 653 M/CM du 28 juillet 1958 décide la fermeture pour le premier novembre 1959.

LES DECRETS DE 1884 ET DE 1904

Le réglement de l'école subit de nombreuses modifications au cours de son histoire.
En 1884, le ministre donne aux "Pupilles" une orientation humanitaire. Il n'est plus question de les diriger obligatoirement vers la marine. On s'efforce de leur donner une éducation professionnelle leur permettant d'assurer leur avenir éventuel dans la vie civile.